change language     -         


La France et Facebook vont collaborer pour lutter contre la haine sur le réseau social

November 16, 2018, 6:43 am

Type: consumption

       




news_image

Mark Zuckerberg et Emmanuel Macron à l’Elysée, le 23 mai. POOL NEW / EPA-EFE


 

Emmanuel Macron a annoncé lundi, lors d’un discours au Forum sur la gouvernance de l’Internet, la création d’un groupe de travail composé d’employés de Facebook et de membres issus d’autorités françaises. Une première.


La France veut franchir un nouveau palier dans sa lutte contre les discours haineux sur les réseaux sociaux. Le président de la République Emmanuel Macron a annoncé, lundi 12 novembre, dans un discours au Forum sur la gouvernance de l’Internet, la mise en place d’un groupe de travail commun avec Facebook. Le groupe de Mark Zuckerberg a donné son accord à une expérience de six mois, début 2019, dans laquelle des représentants des autorités françaises devraient pouvoir accéder aux outils, aux méthodes et au personnel du réseau social chargés de faire la chasse aux contenus racistes, antisémites, homophobes ou sexistes. « C’est une première. Et une démarche expérimentale très innovante, qui illustre la méthode coopérative que je prône », a expliqué M. Macron.




 

Ce groupe, d’une petite dizaine de personnes, sera composé pour moitié de salariés de Facebook. Et pour l’autre moitié de membres – ingénieurs, juristes… – sélectionnés par le secrétariat d’Etat au numérique, et issus d’autorités et ministères français : l’Arcep, chargé des télécoms et de la régulation technique de l’Internet ; le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), responsable notamment des contenus des télévisions et des radios ; la Dinsic, direction interministérielle des systèmes d’information et de communication…

Un fonctionnement qui reste flou

Pour l’Elysée, l’expérience sera un moyen d’« attester ou non si l’entreprise est de bonne foi et fait les efforts nécessaires » pour lutter contre les contenus haineux. Cette « expérience pilote » doit permettre d’initier un dialogue permanent et approfondi entre le géant de l’Internet et les autorités, dont les discussions sont jusqu’ici complexes et intermittentes. L’entourage d’Emmanuel Macron cite comme inspiration la régulation des secteurs bancaire ou nucléaire, où des agents publics vérifient les process des entreprises concernées.

Des questions de respect du secret des affaires ou de la vie privée pourraient se poser

Toutefois, l’instauration de ce groupe pose de nombreuses questions. Egalement en discussion avec l’Elysée, Google a d’ailleurs jugé prématuré de s’engager dès maintenant dans la même démarche. Le fonctionnement du groupe créé avec Facebook reste flou à ce stade : son programme de travail sera précisé lors de ses premières réunions. Il ne disposera pas de pouvoirs de réquisition et le périmètre exact des informations internes auquel il aura accès dépendra de la bonne volonté du réseau social. Des questions de respect du secret des affaires ou de la vie privée pourraient se poser. D’une manière générale, il est encore difficile de prédire si le projet donnera des résultats intéressants.

Chez Facebook, on assure que les membres pourront, si besoin, se rendre en Irlande, à Dublin, au siège européen de l’entreprise, ou aux Etats-Unis, dans la Silicon Valley, au quartier général de Menlo Park. Par ailleurs, on peut se demander si la démarche pourrait inspirer d’autres Etats à demander le même accès aux infrastructures de l’entreprise californienne.




 

Bonne volonté

Selon l’Elysée comme Facebook, la genèse de ce groupe de travail remonte à la discussion du mois de mai tenue entre le PDG Mark Zuckerberg et Emmanuel Macron, lors du sommet Tech for Good, à Paris. Le chef de l’Etat a expliqué au patron du réseau social qu’il vaudrait mieux collaborer pour éviter le vote d’un texte comme la loi mise en place début 2018 par l’Allemagne : celle-ci expose les plates-formes à d’importantes amendes si elles ne suppriment pas très rapidement les contenus violents.

De son côté, le patron de Facebook trouve un intérêt dans la démarche du président français, explique Nick Clegg, son nouveau vice-président des affaires globales, dans un communiqué :

« Comme le dit Mark Zuckerberg, nous croyons qu’avec l’importance croissante prise par Internet dans la vie des gens il y aura besoin d’une régulation. La meilleure façon de s’assurer qu’une régulation soit intelligente et efficace pour les gens est d’amener les gouvernements, les régulateurs et les entreprises à travailler ensemble, en apprenant les uns des autres et en explorant de nouvelles idées. Nous sommes reconnaissants envers le gouvernement français pour son leadership dans cette approche de corégulation. »

Réguler les contenus partagés par plus de deux milliards d’utilisateurs

Facebook espère que ce groupe de travail lui permettra de faire saisir à la France l’ampleur de la tâche qui consiste à réguler les contenus partagés par plus de deux milliards d’utilisateurs du monde entier. Cet argument de la complexité est souvent évoqué par le réseau social, qui fait régulièrement face à des polémiques sur des contenus maintenus en ligne malgré leur caractère violent ou raciste. Autrefois plus désinvolte, la compagnie américaine veut convaincre les Etats de sa bonne volonté.

Mais c’est aussi pour éviter une réglementation lourde, à l’allemande, que Facebook entrouvre ses portes à la France. Les cadres de la société ne cachent pas leurs critiques de l’initiative de Berlin, qui pénaliserait la liberté d’expression en forçant les entreprises à dépublier de nombreux contenus pour éviter des amendes.




 

« La puissance publique n’est pas au niveau »

Du côté de l’Elysée, l’initiative avec Facebook est un moyen de se poser en défenseur d’une voie médiane plus souple, entre le laisser-faire et le vote d’une loi « rigide ». L’équipe de M. Macron ne souhaite pas « laisser aux plates-formes numériques le soin de définir les limites de la liberté d’expression », car cela « revient à leur confier un pouvoir quasi jurisprudentiel ». Mais la présidence de la République estime aussi que, « sur les sujets techniques, la puissance publique n’est pas au niveau de Google, Facebook ou Amazon ». Ce test serait un moyen de combler ce fossé.

Plus largement, Emmanuel Macron cherche à montrer qu’il n’est pas inactif face aux géants du numérique, dans la perspective des élections européennes de mai 2019 : le groupe de travail avec Facebook est vu comme un prolongement des sommets élyséens Tech for Good et Choose France, qui, selon nos informations, seront reconduits en 2019, en mai et en janvier. L’initiative est aussi présentée comme une extension du projet français de taxation des grandes plates-formes, de la loi française sur la manipulation de l’information, du règlement européen sur les données personnelles ou de la récente directive européenne sur les droits d’auteur.

L’Elysée comme Facebook espèrent que l’expérimentation contribuera à faire émerger un « nouveau schéma de régulation ». Les deux parties n’excluent pas qu’elle puisse être élargie à d’autres types de thèmes ou à d’autres pays.

Rapport Avia

Ce test s’inscrit aussi dans une offensive plus vaste, menée à Paris ou à Bruxelles, pour réguler les contenus en ligne en changeant les règles établies depuis 2000 par la directive sur le commerce électronique, qui distingue les statuts d’éditeur, responsable des contenus et celui d’hébergeur. « Il faudra faire évoluer le cadre légal », a expliqué Emmanuel Macron, prônant, comme le récent rapport de la députée La République en marche de Paris, Laetitia Avia, la création d’un « tiers statut » appelé « accélérateur de contenus » : celui-ci concernerait les réseaux sociaux et les moteurs de recherche comme Facebook, YouTube ou Google, qui ne produisent pas leurs contenus mais les « éditorialisent » en les classant, notamment via des algorithmes.

Cette nouvelle réglementation pourrait aussi, pour le gouvernement, être l’occasion de bousculer l’architecture des régulateurs français, dont aucun n’est aujourd’hui dédié aux contenus du Web. Le rapport Avia préconise ainsi de créer un régulateur dédié au racisme et à la haine sur Internet ou d’étendre les pouvoirs du CSA, de longue date demandeur d’avoir autorité sur les contenus en ligne.


Source de l'article: Le Monde



allnews_image

L’intelligence artificielle pourrait rapidement remplacer la moitié des métiers existants. Cependant, sans empathie ni imagination, elle ne pourra pas remplir le rôle de leader. C’est ce qu’affirme l’expert en IA Kai-Fu Lee dans l’émission 60 Minutes.

Lire l'article


allnews_image

Le dernier ouvrage d’Antonio Casilli, En attendant les robots, enquête sur le travail du clic (Seuil), a défrayé la chronique. La thèse : l’intelligence artificielle repose sur le travail manuel de millions de travailleurs précaires qui trient, annotent

Lire l'article


allnews_image

La biodiversité des abeilles au sein des vergers entourés de terres agricoles est beaucoup plus faible que dans les vergers entourés de terres sauvages. Un constat qui n'est pas sans conséquence pour les cultures.

Lire l'article


allnews_image

Gilets jaunes ne vous laissez pas piéger -> INFO Date du 3 Décembre 2018 | Les forces de l'ordre n'ont pas reçu l'ordre d'abattre des manifestants

Lire l'article



allnews_image

Une personne dit avoir été "ciblée" par des policiers alors qu'elle filmait des échauffourées entre manifestants et forces de l'ordre.

Lire l'article


allnews_image

Une vidéo montre des policiers patrouillant dans Paris le 12 janvier, armés d’un fusil HK G36. Des forces de l’ordre portant cette arme ont bien été déployées, confirment la préfecture de police de Paris et la police nationale…

Lire l'article


allnews_image

Alors qu'il s'adressait à plusieurs maires français, Emmanuel Macron a réagi à l'annonce du rejet, par le Parlement britannique, du projet d'accord pour le Brexit, détaillant les différentes options qu'il estimait probables pour la suite.

Lire l'article


allnews_image

Amazon France répond à la polémique. Accusé de gaspillage industriel dans un reportage télévisé, le géant du net a rapidement assuré que seule une infime partie des produits invendus sont effectivement détruits dans ses entrepôts. Pour faire taire ses dét

Lire l'article


allnews_image

Si le terme de pluie acide est largement répandu, sa définition l’est en revanche beaucoup moins. Il s’agit en réalité d’un phénomène assez méconnu du grand public et pourtant, celui-ci fait l’objet d’un préoccupant enjeu environnemental.

Lire l'article


allnews_image

Dans sa Lettre aux Français, Emmanuel Macron interroge : «En matière d’immigration, une fois nos obligations d’asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ? Que proposez-vous afin de répondre

Lire l'article


allnews_image

L’équipementier automobile allemand Continental a récemment présenté un surprenant concept de service de livraison, dont les qualités seraient assez nombreuses. En effet, il est question de robots-chiens livreurs transportés dans des véhicules autonomes.

Lire l'article


allnews_image

«Les hommes ont réussi à accumuler une énorme masse d’objets, mais la joie dans le monde s’est amenuisée», avait écrit Dostoïevski dans «Les frères Karamazov». Et si le renoncement s’érigeait en vertu au pouvoir libérateur?

Lire l'article


allnews_image

En matière de sexisme du quotidien, il n'y a pas de petites victoires. Des internautes et le compte Pépite Sexiste ont réussi à faire décrocher une affiche sexiste en quelques heures à Roubaix.

Lire l'article


allnews_image

L’attaque menée contre le complexe hôtelier DusitD2 dans la capitale kényane est désormais terminée. Les assaillants, des islamistes somaliens shebab, ont été «éliminés»

Lire l'article




allnews_image

On se demande bien pourquoi cette vidéo ne sort qu’aujourd’hui ! Il faut ajouter que cette dame a témoigné hier au tribunal du fait que Christophe #Dettinger lui « a sauvé la vie » car il a empêché un gendarme mobile de continuer à la tabasser avec son to

Lire l'article


allnews_image

Les médias ont annoncé une mobilisation en hausse et une violence en baisse. Pas celle de la police en tout cas. En voici quelques exemples "frappants".

Lire l'article