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Auroville, en Inde, pourrait-elle être la cité des possibles ?

November 8, 2018, 9:35 pm

Type: EARTH

       




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Cinquante ans après sa création en Inde par une gourou française, la cité d'Auroville aurait-elle toujours quelque chose à nous apprendre ? Réponse avec des Français installés sur place.

Cette année, la ville fête son jubilé avec des tournois sportifs et des événements culturels. C'est l'anniversaire d'un rêve fou qui a germé dans l'imagination d'une Française, Mirra Alfassa, compagne de route du célèbre poète, yogi et révolutionnaire indien Sri Aurobindo (1872-1950). Celle qui a été surnommée "la Mère" a posé le 28 février 1968 la première pierre à cette cité utopique. Son rêve était alors de créer un lieu où hommes et femmes apprendraient à vivre en paix, au-delà de toutes croyances, opinions politiques et nationalités, à travers l'enseignement du "yoga intégral" et de la pleine conscience de Sri Aurobindo.

Un demi-siècle plus tard, la communauté située près de Pondichéry compte 3 000 habitants de 52 nationalités différentes, dont 400 Français. Que viennent-ils chercher sur cette terre aride et chaude ? Une rupture avec un mode de vie conventionnel, un éveil spirituel, un retour à la nature ? A moins que ce ne soit "l'unité humaine", prônée par sa fondatrice ? Pour Eric et Laurence, jeunes quinquas français, le premier contact a eu lieu il y a sept ans, lors d'un voyage touristique en Inde, et ce fut une révélation.





"Nous ne sommes pas dans l'échange, mais dans le don"

"Y vivre s'est imposé, c'était un non-choix", se souvient Eric, réparateur d'ordinateurs. Sa compagne, Laurence, quitte son boulot chez Peugeot pour goûter à cette existence plus en harmonie avec la nature. Comme la plupart, elle s'investit dans la communauté. Trois fois par semaine, elle travaille comme bénévole à la coopérative et prépare une centaine de repas aux locaux. "Nous ne sommes pas dans l'échange, mais dans le don", nuance-t-elle.

Eric adore œuvrer pour le collectif et l'élévation de la conscience. "Un vrai Aurovilien offre tout ce qu'il fait, tout ce qu'il a, tout ce qu'il est. On a laissé derrière nous l'ancien monde avec son système hiérarchique pour inventer une communication plus intuitive au fonctionnement plus horizontal."

L'anarchie comme mode d'organisation

Pour intégrer la communauté, il faut que chaque nouveau prouve qu'il partage les mêmes valeurs. Cela prend souvent plus d'une année. Le gouvernement indien délivre ensuite un visa spécial aux Auroviliens. Qui dirige ? Tout le monde et personne. Il n'y a ni police, ni armée, ni parti politique. "La Mère" avait imaginé un système de gouvernance basée sur l'anarchie divine. "C'est l'idée que les êtres humains doivent être assez éveillés pour que personne n'impose par la force sa décision aux autres, même pas un adulte à un enfant. Selon sa fondatrice, c'est le minimum que l'on se doit en tant qu'humain pour ne pas tomber dans des formes de tyrannie", souligne Marie Horassius, doctorante en ethnologie et anthropologie sociale à l'Ecole des Hautes Etudes en sciences sociales (EHESS), en pleine écriture d'une thèse sur la cité.

Au quotidien, des groupes de travail composés de volontaires gèrent la ville (entretien des bâtiments, agriculture, éducation...) et prennent des décisions sous la forme du consensus. C'est long et souvent fastidieux. Cette sorte de démocratie horizontale se heurte bien sûr à des obstacles, notamment à la forte personnalité de la plupart des Auroviliens, sourit la chercheuse. Nombreux sont les idéalistes qui abandonnent en cours de route.

 Yoga et bénévolat

Pendant douze ans, Anne-Sophie Planet, styliste, a vécu une vie de parfaite Parisienne. "J'étais complètement épanouie, je voyageais beaucoup. Puis j'ai découvert Auroville, et j'ai senti que ma place était ici", explique la diplômée d'Esmod, en Inde depuis quatre ans. Chaque soir, elle enfile un harnais d'escalade pour nettoyer avec des amis le dôme de 29 mètres de haut du Matrimandir, le temple dédié à la concentration et à la découverte intérieure. Sa méditation à elle, en plus de sa pratique régulière du yoga. Hormi ses activités de bénévolat, la créatrice vient de lancer sa griffe de vêtements, Kimaya, fabriqués par des artisans indépendants à partir de tissus organiques tissés main et de teintures naturelles. La démarche s'inscrit dans l'esprit de l'économie collaborative.





Une partie des teintures, la confection des vêtements, le site internet, les photos, sont faits sur place et les produits sont vendus sur le e-shop de la communauté. Kimaya rejoint une longue liste de petites entreprises locales (chocolat bio Mason & Co, des produits de beauté ayurvédiques, de la céramique...). Traditionnellement, chaque société aurovilienne reverse un minimum de 33 % de ses bénéfices au fonds de fonctionnement de la ville, soutenu également par les dons des habitants et des amis d'Auroville dont les visiteurs de passage, la location et la vente des logements, des ateliers, et par le gouvernement indien. "Auroville est un lieu d'expérimentation. Au début, on a ri de nous, mais maintenant des gens du monde entier s'intéressent à ce que nous faisons", explique Fabienne, une autre Française, responsable ici de la communication.

Un espace des possibles

Les Auroviliens ont été des pionniers en matière d'agroécologie (via la reforestation, la permaculture, la gestion efficace de l'eau et la conservation des graines indigènes menacées) et d'éducation alternative. La cité attire des étudiants et experts du monde entier. La population indienne n'est pas en reste : elle représente 43 % des habitants. "Des jeunes Indiens qui s'interrogent sur leur avenir viennent à la fin de leurs études, dont beaucoup d'étudiants en architecture", attirés par les réalisations modernistes de l'architecte français Roger Anger (1923-2008), poursuit Fabienne. Car cette cité internationale est une destination et un lieu de passage pour certains.

Elle est un espace de possibles, à une époque où l'on dénonce un repli identitaire et une montée de l'autoritarisme à travers le monde. Ce "laboratoire humain" reste une source d'inspiration, même si cinquante ans après sa création, Auroville n'a pas encore atteint son idéal d'unité. On y croise le meilleur et le pire de l'humanité, comme partout ailleurs.

Des gens assoiffés de pouvoir aussi bien que de purs altruistes. "En soi, il se passe des choses très ordinaires à Auroville comme des tensions personnelles entre individus, observe Marie Horassius, la chercheuse. Mais au final, les communautés de ce type contredisent les discours fatalistes qui prétendent qu'il n'y a pas d'alternative au système actuel. Les Auroviliens ne restent pas sur leurs acquis et ont créé quelque chose d'original et d'humainement assez beau."


Source de l'article: grazia.fr



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