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Propos sur le 13-Novembre: Macron pressé de demander des excuses à Trump

May 7, 2018, 9:35 am

Type: law

       




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Le président des Etats-Unis a utilisé les attentats de Paris, ce vendredi à Dallas, pour justifier sa politique sur les armes à feu. Plusieurs personnalités politiques demandent à Emmanuel Macron de réagir et de "demander des excuses" à son homologue.


 

Dans un discours lors de la convention de la NRA, le lobby américain des armes, à Dallas, Donald Trump a évoqué vendredi les attentats de Paris et estimé qu'un homme armé aurait pu sauver des vies le 13 novembre 2015. Le président américain a également mimé les terroristes du Bataclan en train d'abattre des victimes dans la salle de concert.

 

Ces propos ont déclenché de nombreuses critiques, notamment chez les rescapés des attentats du Bataclan. Dès samedi, le gouvernement français a alors fermement condamné l'utilisation par Donald Trump des attentats du 13-Novembre à des fins politiques: 

"La France exprime sa ferme désapprobation des propos du président Trump au sujet des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et demande le respect de la mémoire des victimes", a réagi la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Agnès von der Mühll, dans un communiqué samedi.

François Hollande s'est également exprimé à ce sujet sur BFMTV ce dimanche pour dénoncer des "propos et mimiques insupportables".

"Elles sont insupportables pour les victimes, leurs familles et leurs proches, auxquels je pense aujourd’hui. Car j’étais en situation en 2015 de voir le drame qui s’était produit et j’ai en mémoire les visages des victimes et de leurs familles", a poursuivi l'ancien chef de l'Etat.

Une réaction d'Emmanuel Macron?

D'autres personnalités politiques se sont élevées contre les propos du président américain, demandant pour certains à ce que l'exécutif appelle Donald Trump à des excuses officielles. "J'aimerais que (le président de la République) réagisse directement", a notamment fait savoir ce dimanche Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste.

"Le président américain ne se gêne pas pour insulter la mémoire des victimes du Bataclan, il faudrait que le président français soit là aussi pour dire qu'il y a des bornes aux limites", a-t-il insisté dans Questions politiques sur France Inter/franceinfo/Le Monde

Interrogé sur notre antenne, Manuel Valls a lui aussi condamné une "attitude d'une vulgarité insupportable" et estimé que cela méritait "des excuses et un rappel très puissant à l'ordre".

"On ne peut pas se comporter ainsi vis-à-vis d'un pays ami avec qui on est engagé dans la lutte contre le terrorisme (...) Donc oui, il faut faire passer un message très clair, quel que soit la réaction de Donald Trump. La France ne peut pas laisser passer ce qui est une véritable blessure", a souligné l'ancien Premier ministre. 

"Je souhaite qu'il revienne sur ses propos et qu'il exprime des regrets",  a encore défendu Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie, pour qui "ces propos sont choquants et pas dignes du président de la première puissance mondiale".

Pas "de la polémique à la polémique"

La porte-parole du ministère des Affaires étrangères ne souhaite de son côté pas "ajouter de la polémique à la polémique":

"Lorsque j'ai parlé de réprobation la plus ferme possible des autorités françaises, il me semble qu'au premier chef figure le président de la République. Nous condamnons ces propos, il ne s'agit pas d'ajouter de la polémique à la polémique, mais de faire part de notre solidarité pour l'émotion que les familles ont pu ressentir vis-à-vis de ces propos. Si le président Trump présente des excuses, il est certain que ce sera bien reçu par ces familles de victimes", a-t-elle assuré au micro de BFMTV.  

Néanmoins, "d'autres prises de paroles publiques" interviendront dans la semaine, a annoncé le secrétaire d'État au numérique Mounir Mahjoubi sur BFMTV ce dimanche:

"Il y aurait d'autres prises de paroles publiques dans la semaine, de la part du gouvernement, parce que ce qui a été ressenti par les Français et par les familles est insoutenable. La parole on doit l'avoir vis-à-vis des Etats-Unis, mais on doit aussi redire aux Français que ce qu'on a construit tous ensemble après cet attentat, après tous ces morts, et bien c'est très fort et ça nous réunit." 

 


Source: BFMtv